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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 11:15

7 ans après la fin de la guerre civile, 5 ans après la transformation du Royaume Hindou du Népal en République et 1 an après la dissoulution de l'Assemblée Constituante qui n'a pas réussi à rédiger une nouvelle constitution, le Népal était jusqu'à il y a quelques jours dans l'impasse politique : un Gouvernement dirigé par les maoïstes et quelques petits partis associés mais ne disposant plus d'aucune légitimité, plus d'Assemblée pour légiférer et par conséquent impuissance à mettre en oeuvre les indispensables réformes de fond. Les seules institutions qui restent crédibles étaient la Présidence de la République, la Cour Suprême et l'Armée

Depuis le début de la semaine dernière le Gouvernement maoïste a été remplacé par un Collectif qui gère par interim le pays avec pour unique mission d'organiser rapidement de nouvelles élections législatives. Ce collectif est dirigé par le Président de la Cour Suprême à la suite d'un "deal" passé entre les principaux partis politiques avec l'accord du Président de la République. La future Assemblée aura à nouveau pour tâche de rédiger une Constitution

 

Nouvel espoir de sortie de crise ou bombe à retardement ?


Derrière ce "Deal" qui donne envie de croire que le Népal sortira enfin de la situation ingouvernable actuelle se cachent quelques pièges inquiétants :

  • les élections auront-elles bien lieu ? elles sont annoncées avant l'été mais en pratique il reste sans doute trop peu de temps pour les organiser avant la mousson d'été qui bloque les communications internes dans tout le pays. Dans ce cas elles devront être reportées à octobre voire à l'année prochaine, d'où risque d'enlisement du Gouvernement Intérimaire
  • Le fait de nommer le plus haut personnage du pouvoir judiciaire comme Premier Ministre, donc comme premier personnage du pouvoir éxécutif peut être un piège pour cet homme dont la probité est très reconnue au Népal et qui est actuellement l'un des seuls personnages crédibles du pays. Son échec éventuel (retard dans l'organisation des élections, difficultés d'organisations et contestations des résultats par exemple) risque de décrédibiliser à la fois le pouvoir éxécutif et le pouvoir judiciaire dont est issu le Premier Ministre ouvrant la porte à toutes sortes de désordres : putch à l'initiative des maoÏstes voire des Royalistes ou de l'Armée, réactivation de la guerre civile, partition du pays à l'initiative des factions séparatistes nombreuses dans le sud du pays, etc ...
  • Enfin le deal passé entre les partis politiques sur la constitution de ce gouvernement interimaire s'est accompagné d'un autre deal qui était la condition posée par les maoÏstes pour accepter de perdre la direction du Gouvernement  : la création d'une "Commission  des Personnes Disparues, de la Vérité et de la Réconciliation". Sous couvert de faire la vérité sur les atteintes aux Droits de l'Homme commis pendant la guerre civile il s'agit en réalité du désaisissement de la Justice sur ces affaires et de la porte ouverte à une amnistie générale ou partielle. Entre 1996 et 2006 ont été décomptés 13 000 morts et 9000 cas recensés officiellement d'atteintes aux Droits de l'Homme dont assassinats politiques, tortures, rapts, viols, enrôlement d'enfants-soldats, etc ...pour une grande part dues aux maoïstes

Dans ce pays dont le personnel politique s'est largement décridibilisé ces dernères années, où la corruption s'est généralisée et où de multiples milices ne demandent qu'à être réactivées, il reste à espérer que les Népalais n'assistent pas, une fois de plus, à une habile manoeuvre pour retarder la venue effective de la démocratie

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Published by triplegem nepal
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