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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 01:32

3 PatanDurbar (3)

La renommée artistique du Népal tient en grande part à ses sculptures de pierre, de métal et de bois réalisées par les artistes newars de la vallée de Katmandou. Les arts de la sculpture, exclusivement sacrés, ont servi le bouddhisme et l'hindouisme dont les panthéons – bien que différents dans l'iconographie et dans leur signification profonde – ont été sculptés par les mêmes artistes utilisant les mêmes styles. Pendant deux mille ans de production, de larges courants stylistiques, influencés à l'origine par l'Inde, ont été transformés par ces artistes qui ont su créer un style véritablement népalais. À Paris, le musée Guimet possède une collection remarquable. Au Népal, c’est dans doute le musée de Patan qui présente les plus belles sculptures.

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Cette terre cuite datant du XVe ou XVIe siècle représente Narada, le "musicien céleste".

 

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Cette statue étrange datant de 1754 représente une divinité composite formée de Hanuman et de Bhairava.

Hanuman est un héros du Rāmāyana, une épopée qui raconte le périple de Rama. Il a l'apparence d'un singe et il est assez fort pour soulever des montagnes, tuer des démons et rivaliser de vitesse avec Garuda, l'oiseau véhicule de Vishnu. Sa principale caractéristique est sa fidélité indéfectible à Rama, son maître spirituel. Sa vie entière est consacrés à le servir. Il est l’image du parfait disciple. Après la victoire, Rama voulut le récompenser, mais il refusa, trop heureux d'avoir été le champion de l'amour et de la justice. À l'origine il était le gardien des propriétés et tout fondateur d'un nouveau village se devait d'ériger sa statue. C’est aujourd’hui encore un dieu très populaire dans les villages.

Bhairava est le nom de Shiva sous sa forme terrifiante, que l'on montre alors portant le crâne de Brahma. Shiva avait en effet coupé la cinquième tête de Brahma. En conséquence, il dut porter cette tête pendant des années pour expier cette faute.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 01:22

3 PatanMuseum (0)

Cette statue du musée de Patan représente Uma Maheswor, c’est-à-dire le couple Shiva et Parvati (appelée "Parbati" au Népal où l’on transforme tous les V du sanscrit ou de l’hindi en B).

Dans la trinité hindouiste Brahma / Vishnou / Shiva,
Brahma représente la création
Vishnou ("Bishnu" pour les Népalais) représente la préservation
Shiva représente la destruction.

Shiva n’est cependant pas une puissance négative pour autant car il est essentiellement le dieu de la destruction des illusions et de l'ignorance. L'emblème de Shiva est le phallus (ou lingam), symbole de la création du monde nouveau qui naît de l’éradication de l’illusion.

Parvati est son épouse. Ils auront un fils : le dieu à tête d’éléphant, Ganesh.

Il faut noter que dans la vallée de Karmandou, Shiva est surtout vénéré sous la forme de Pashupati, le Seigneur des Animaux. En tant que protecteur de tous les êtres vivants, Pashupati est un aspect bienveillant de Shiva. Le temple de Pashupatinath est le temple hindouiste le plus important du pays.

Rappelons qu'au Népal, l’hindouisme est la religion majoritaire. Il est pratiqué par 75 % de la population. Jusqu’en 2006, c’était la religion officielle du royaume du Népal et il était interdit de promouvoir activement une autre religion. Pour plus d'informations, voir l'article Les religions au Népal.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 01:21

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Ganesh, le fils de Shiva et Pârvatî, l’époux de Siddhi, le Succès, de Buddhi, l'Intellect, et de Riddhi, la Richesse. C’est le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir. Ces attributs de cette divinité hindouiste très populaire ne sont pas très éloignés de ceux du Hermès des Grecs (le Mercure des Romains). C’est aussi le dieu qui lève les obstacles des illusions et de l'ignorance.

 

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L’histoire de sa tête d’éléphant est plutôt curieuse. Un jour, Shiva, rentrant d’une longue période de méditation dans l’Himalaya, trouve un jeune homme qui lui barre la porte de sa propre maison pour l’empêcher d’entrer, tandis que son épouse Parvati est en train de prendre son bain. La moutarde lui monte au nez. Tournant le dos à la sérénité qu’il était supposé avoir acquise pendant sa retraite spirituelle, il sort son épée et coupe la tête du garçon qui roule au loin. Parvati surgit alors en larmes et lui explique que ce jeune homme est un bébé qu’elle a fait toute seule (vraiment toute seule, pour le coup) à partir de peaux mortes et de fond de teint qu’elle a raclés sur sa propre peau. On ne conseille pas aux femmes qui ont eu un enfant avec le facteur de se lancer dans une justification aussi abracadabrantesque, mais Shiva, pas plus parano qu’un autre, avale cette explication sans broncher. Parvati, inconsolable, exige qu’il redonne vie à son fils sur-le-champ. Shiva promet de remplacer la tête du jeune homme par celle de la première créature sans mère qui se présentera. Ce fut un jeune éléphant (dont défense était cassée, ce qui explique que certaines statues de Ganesh ont une défense cassée). Ganesh n’est donc pas exactement un éléphant mais un homme à tête d’éléphant. Par la suite, Shiva considérera Ganesh comme son fils.

Certains considèrent cet épisode comme l’illustration de l’idée qu'il faut "trancher la tête" pour accéder à la "Shakti" représentée par Parvati, c'est-à-dire court-circuiter l'intellect pour entrer en contact avec l'énergie divine.

 

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Cet animal bizarre est un rat. Il est le "vâhana" (ou véhicule) de Ganesh. Son nom est Mûshika.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 01:11

 

Pour les hindouistes, Vishnou ("Bishnu" pour les Népalais) est le dieu conservateur de l'Univers. Son nom vient de la racine sanskrite "vish" signifiant se répandre. Parce qu'il tend à créer la lumière, il représente la force centripète "sattva". Shiva, au contraire, est la force centrifuge, car il symbolise la dispersion, la non-existence, la destruction. L'existence appelle la destruction et comme il ne peut y avoir de vie sans mort et mort sans vie, Vishnou et Shiva sont des principes interdépendants.

Vishnou repose sur un serpent sans fin appelé Ananta et dans son rêve, il prépare le prochain cycle de vie. Les quatre anneaux d'Ananta sont les vestiges des univers passés. Le dieu est alors appelé Narayana "reposant sur les eaux".

Sa première épouse est Lakshmi (orthographié "Laxmi" au Népal), la déesse de la fortune. Sa seconde femme est Bhumi, la déesse de la terre. Sa monture est Garuda, l'homme oiseau

 

3 PatanMuseum (3)

Vishnou avec déesse Lakshmi à sa droite et sa monture Garuda à sa gauche

 

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Vishnou jouant de la flûte sur sa monture Garuda (XVIIe ou XVIIIe siècle)

 

3 PatanMuseum (8) Lakshmi (ou Laxmi), déesse de la fortune et épouse de Vishnou.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 01:09

Indra est le roi des dieux et Seigneur du Ciel dans la mythologie védique de l'inde ancienne. Il est originellement issu du dieu indo-européen de la guerre et de l'orage.

Indra évoque la puissance physique et mentale manifestée par les combattants vainqueurs (la caste guerrière des "kshatriyas") dans l'antique société védique. Il est le deva le plus souvent mentionné dans le Rig-Véda.

L'arme d'Indra est l'éclair ("Vajra"), mais il utilise aussi son arc magique, l'arc-en-ciel ("Shakradhanus"). Son vâhana ou véhicule est Airâvata, l'éléphant blanc aux quatre défenses qui se tient à l'entrée de Svarga, le domaine du dieu dont la capitale est Amarâvatî. C'est un lieu un peu comparable aux Champs Elysées de la Grèce antique, où résident les héros après leur mort sur le champ de bataille.

L'importance d’Indra décroît dans l'hindouisme tardif, tandis que celle de Vishnou et de Shiva devient prépondérante (les représentation de Brahma, le premier élément de la trinité hindouiste, sont beaucoup plus rares). 

3 PatanMuseum (6)

Ce masque d'Indra date du IXe ou Xe siècle.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 01:07

3 PatanMuseum (9)

Cette statue très ancienne (XIIe siècle) représente Shakyamuni, le Bouddha dit "historique", c’est-à-dire l’homme qui est né il y a 2500 ans dans le petit village népalais de Lumbini et qui a fondé le bouddhisme tel que nous le connaissons. La précision s’impose, parce que le mot "bouddha" est un titre qui s’est appliqué à d’autres personnes. C’est le participe passé passif de la racine verbale sanskrite "bhudh" (s’éveiller). Il signifie donc littéralement "qui s'est éveillé".

Rappelons qu'au Népal, le bouddhisme est la deuxième religion en importance. Il est pratiqué par environ 16 % de la population. Il est surtout présent dans les régions montagneuses du pays et dans la vallée de Katmandou. Pour plus d'informations, voir l'article Les religions au Népal.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 01:05

  3 PatanMuseum (10)

Certaines écoles bouddhistes considèrent que Shakyamuni, le Bouddha que nous connaissons, est le 28e d’une logue lignée de Bouddha. Le quatrième de cette lignée s’appelle Dipankara. C’est lui qui est représenté dans cette superbe statue polychrome du XVIIe ou XVIIIe siècle.

Tout comme Shakyamuni, c’est un prince qui a vocation d’ascète et finit par trouver l’éveil à l’ombre d’un arbre. Son nom signifie "celui qui apporte la lumière".

S’il a été un peu oublié ailleurs, Dipankara est resté très populaire au Népal,ainsi qu’au Sri Lanka et en Asie du Sud-Est. C'est le protecteur des voyageurs. Au Népal, il est aussi le patron des marchands et se trouve au centre de fêtes importantes de la culture Néwar dans la vallée de Katmandou, comme Samyak ou Pancadan. À l’occasion de ces fêtes, des aumônes sont offertes aux monastères. Dipankara, souvent représenté faisant le geste du don, est associé à la charité.

 

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Cette statue tibétaine du XVIIe siècle représente Padmasambhava, un maître bouddhiste du VIIIe siècle considéré comme le fondateur du bouddhisme tantrique himalayen. Au Bhoutan et au Tibet actuels, où les membres de l'école Nyingma le considèrent comme le second Bouddha, il est connu sous le nom de Guru Rinpoché, ce qui signifie "précieux maître".

Le mot "Padmasambhava" signifie "né du lotus" en sanskrit. Cela renvoie à la légende selon laquelle il serait apparu sur terre dans une fleur de lotus sous la forme d’un enfant de 8 ans.

Selon la tradition, il s’est rendu au Tibet pour y introduire les enseignements bouddhistes. À ce sujet, Trungpa Rinpoché raconte dans l’un de ses livre que dans ce pays considéré comme passablement barbare à l’époque, sa première tâche a été de combattre ce qui lui est apparu comme le summum de la superstition naïve et de l’illusion obscurantiste : la croyance en un moi séparé et en une autorité supérieure appelée Dieu.

 

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Dans le bouddhisme, un bodhisattva est une personne qui a fait le vœu de suivre le chemin indiqué par Bouddha, a pris le refuge auprès des trois joyaux (Bouddha, dharma et sangha) et respecte strictement les disciplines destinées aux bodhisattvas. Son but est d’aider les autres êtres sensibles à s'éveiller tout en progressant lui-même vers son propre éveil. Certains vulgarisateurs du bouddhisme répandent volontiers l’idée que les bodhisattvas renonceraient à leur propre libération pour œuvrer à celle des autres. Les deux bodhisattvas les plus vénérés sont Avalokiteshvara et Manjushri. Cette statue népalaise du XVIe ou XVIIe siècle représente Avalokiteshvara, le bodhisattva de la compassion.

Selon l’étymologie la plus communément admise, le nom "Avalokiteshvara" signifie littéralement "seigneur qui observe", mais pour certains, ce mot  serait composé de "avalokita" ("celui qui perçoit") et de "svara" (son), auquel cas il signifierait "celui qui perçoit les sons du monde". Avalokiteshvara est également appelé Padmapani Lokeshvara, ce qui signifie littéralement "le porteur de lotus, seigneur des mondes" (c’est-à-dire des six mondes de l’illusion).

Dans l’imaginaire indien et himalayen, c’est une figure compassionnelle qui se présente pour aider toute personne en difficulté. Il entend quiconque prononce son nom et répond aux appels de détresse.

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